Une colonisation consolidée par son économie

Une importante vie économique s’est déployée, ces dernières années, au sein des colonies israéliennes. Elle repose sur l’établissement de diverses industries, le développement d’une production agricole et l’exploitation des ressources naturelles présentes en territoire palestinien. Et par effet d’entraînement, l’importante activité économique des colonies joue un rôle indéniable dans le maintien de la colonisation et son expansion.

Plusieurs dispositifs attractifs incitent les entreprises israéliennes des secteurs industriels et agro-industriels à s’installer dans les colonies. Des subventions sont généreusement octroyées par l’État israélien : avantages fiscaux, ristournes sur la location des terrains, fonds alloués pour la recherche et le développement, etc. Sans oublier de mentionner les fonds considérables investis par le gouvernement pour la construction d’infrastructures à l’usage des colons, notamment les routes qui leur sont réservées et qui permettent l’accès rapide aux marchés israélien et étranger.

Dans son rapport de septembre 2012 sur l’économie palestinienne, la Banque mondiale estime qu’au vu du nombre de colonies agricoles présentes notamment dans la vallée du Jourdain, l’économie des colonies est particulièrement florissante dans le domaine de l’agriculture. L’ONG israélienne, Kerem Navot, constate que durant ces dernières décennies, les Palestiniens ont perdu un tiers de leurs terres agricoles, en partie à cause des spoliations des colons qui ont bénéficié de l’appui de l’État israélien.


Le vol de la vallée du Jourdain

Communément appelée « le grenier de la Palestine » du fait de son climat humide particulièrement propice à la culture d’un éventail large de produits maraîchers tout au long de l’année, la vallée du Jourdain est devenue l’un des principaux viviers de l’exploitation agricole au sein des colonies.
Dattes, olives, figues, agrumes, melons, goyaves, pastèques, vignes, poivrons, concombres, oignons, herbes aromatiques, tomates-cerise, aubergines et patates douces sont les principaux produits cultivés dans les colonies israéliennes de la vallée du Jourdain, dont les serres et les terres cultivées s’étendent à perte de vue.
La majorité de cette production est destinée à l’exportation.

Selon la Banque mondiale, 94 % de la vallée du Jourdain sont devenus complètement inaccessibles aux Palestiniens. Les Palestiniens qui vivent dans cette région située en « Zone C », éprouvent toutes les difficultés du monde à obtenir des permis pour construire des habitations, cultiver leurs terres ou accéder aux réserves d’eau surexploitées par les colonies agricoles de la vallée.

Rapport du Secrétaire général des Nations Unies, septembre 2012 :
« 37 colonies israéliennes sont établies dans la vallée du Jourdain, qui constitue la zone la plus fertile et la plus riche en ressources de la Cisjordanie. S’agissant de la vallée du Jourdain et de la région de la mer Morte, 86 % de ces terres sont sous la juridiction de facto des conseils régionaux des colonies, qui en interdisent l’usage aux Palestiniens et les empêchent, ce faisant, d’accéder à leurs ressources naturelles.  »


L’expulsion des Jahalins au profit de la zone industrielle de Michor Adumim

En 1975, afin de construire la colonie de Maale Adumim, Israël a exproprié 3 000 hectares de terres dans la zone où vivaient les bédouins Jahalins. Au cours des années suivantes, il a procédé à de nouvelles expropriations et destructions de maisons et de biens appartenant aux Jahalins pour implanter le parc industriel de Mishor Adumim. En 1991, Israël a donné à Maale Adumim le statut de ville et a continué de l’agrandir.

Trois ans plus tard, l’administration civile a ordonné l’expulsion de dizaines de familles jahalins installées sur des terrains voués à accueillir un nouveau quartier de la colonie. Aujourd’hui, la colonie de Maale Adumim, qui s’étend à 7 kilomètres à l’est de Jérusalem, est la 3e plus grande colonie de Cisjordanie avec ses quelques 40 000 colons israéliens. La zone industrielle de Mishor Adumim abrite une production importante dans les secteurs du plastique, du ciment, du tannage du cuir, des détergents et de l’aluminium. Et c’est à cet emplacement que la plus grande usine de l’entreprise SodaStream fabrique ses fameux appareils à gazéifier les boissons.


Le vin amer des colonies

Le marché viticole israélien est contrôlé par six maisons qui possèdent toutes, sans exception, des vignobles en territoires occupés syrien (Golan) et/ou palestinien. Parmi ces six maisons, cinq exploitent des vignobles situés dans les Territoires palestiniens : Carmel Winery, Barkan Winery, Teperberge 1870 Winery, Binyamina et Tishbi Estate Winery. À l’exception de quelques marques, il est impossible de distinguer les vins produits à base de raisin cultivé en Israël des vins pour lesquels des vignes dans les Territoires palestiniens occupés ont été exploitées.